CHARLES MIKOUNGUI EST UN DRÔLE DE TYPE, IL AURAIT PU DEVENIR UN SALE TYPE. EN VÉRITÉ C’EST UN MEC BIEN. Papa Charles, un militaire hors normes

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Salladin et Papa Charles

Une jeunesse dissipée à Ouenzé le vouait au deal de chanvre et à la délinquance, mais la volonté de ses parents de ne pas le laisser sombrer dans cette direction les poussa à le faire admettre à l’Ecole Militaire.
Peu enclin à la discipline et au métier des armes, la camaraderie de troupe lui plut et, la situation politique de l’époque avec les « Pionniers » lui permit alors de monter, en 1982, dans le cadre de l’Ecole Militaire une troupe théâtrale « Les cadets Rouges » qui prit par la suite le nom de « Télé-Théâtre Africain des Acteurs Associés », exclusivement composée de militaires. Etant donné que l’armée n’était pas ouverte au sexe dit faible, il fallut convaincre les officiers de les laisser recruter des comédiennes dans les établissements scolaires des environs. Ce fut une vraie révolution dans l’Ecole Militaire, mais il y parvint.

Quand la majorité de ses camarades sont partis en URSS poursuivre leurs études, il a eu la chance de réussir à un concours organisé par la coopération française. Reçu avec trois camarades et ayant obtenu une bourse, il part poursuivre sa formation à l’Ecole de Santé Militaire de Bron, en France tout à côté de Lyon, ville dont il garde un souvenir ému. Issu premier étranger de sa promotion, il est absent le jour du choix de l’école qui assurera la fin de sa formation, c’est ainsi qu’il est bien forcé de prendre ce qui reste. Il se retrouve donc propulsé à Brest à l’extrémité ouest de la France. Brest est une ville située dans un cadre somptueux, mais son caractère de port militaire lui a valu d’être presque totalement rasée par les bombardements de la seconde guerre mondiale, elle a donc du être entièrement reconstruite après le conflit. En stage dans la cuisine de l’école, il se lie d’amitié avec Monsieur Dornic qui l’accueille chez lui et lui permet de pénétrer le milieu breton. Il sera à deux doigts d’épouser la fille de son ami.

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Vue depuis le podium

Il exercera une carrière en hôpital de près de vingt ans. Aujourd’hui il est Lieutenant Colonel et Directeur Administratif et Financier de l’Hôpital Régional des Armées de Pointe-Noire. Mais c’est dans la musique et dans l’action sociale que Charles a trouvé le moyen de faire passer son message. « Un message que j’ai voulu populaire mais direct et touchant. L’accueil que me réserve la population (tous âges confondus) est très réconfortant. Ce que nous avons appelé le « yau » est devenu plus qu’un phénomène, c’est une philosophie. Cela nous a ouvert la voie de la musique et nous comptons bien y rester. »

Ecrivain, poète, comédien, il a publié un livret voici un peu plus d’un mois, son passé théâtral et un indéniable charisme l’ont fait aimer du public.

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3ème millénaire

« En souvenir d’un être cher, un ami, Antoine décédé il y a cinq ans, emporté par le fléau du siècle, le SIDA, j’ai voulu trouver un canal direct, frappant pour sensibiliser sur ce mal.
J’ai été déçu par les schémas existants qui souvent s’éloignent de la réalité et des souffrances vécues. J’ai voulu m’écarter des processus standard qui trop souvent sont loin d’être désintéressés. »

C’est ainsi que Papa Charles entouré par son groupe « Troisième millénaire » rassemblant de jeunes enfants issus de la rue et ayant pour point commun leur situation d’orphelins, a décidé de partir en croisade joyeuse et musicale pour sensibiliser les populations sur les nécessités de la prévention contre le fléau. Utilisant tous les genres, ndombolo, rap, salsa… comme moyens d’approche et toutes les énergies comme soutien, il fait plus figure de coordonnateur que de chef.

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Photo souvenir

Il organise des sorties hors de la ville pour les jeunes, louant des bus et offrant des après-midi culturelles dans des lieux peu éloignés mais que la plupart n’ont jamais pu atteindre. Il y invite d’autres artistes de renom comme Brice Mizingou, Achille Mouébo et bien d’autres qui viennent apporter leur concours et leur talent. Les photos ici présentées ont été prises lors d’une de ces sorties au nganda « Le Terroir » de l’excellent Gilbert Masala Salladin.

Décidément Papa Charles ne fait rien comme tout le monde et c’est ainsi qu’on l’aime.

Contacts :
charlesmikoungui@yahoo.fr
(242) 661 56 76 ou (242) 529 87 80

Ya Sanza