Plaintes de nos citoyens victimes des erreurs médicales

Président de l’association «Espace solidarité santé»:«Nous recevons, presque chaque jour, des plaintes de nos citoyens qui se disent être victimes des erreurs médicales

Plaintes de nos citoyens victimes des erreurs médicales n_a25Colonel Charles Mikoungui Loundou.

E.s.sa (Espace solidarité santé), une O.n.g implantée à Pointe-Noire, depuis quelques années, a pour but d’aider les citoyens dans la prise en charge de leurs dépenses de santé et dans les différents rapports qu’ils entretiennent avec les établissements sanitaires. Cette O.n.g vient de lancer une campagne de sensibilisation sur les erreurs médicales constatées, depuis belle lurette, dans nos hôpitaux. Le colonel Charles Mikoungui Loundou, président actif du bureau de cette O.n.g, administrateur, économiste, logisticien de santé, en service à l’hôpital régional des armées de Pointe-Noire, nous éclaire, dans l’interview ci-dessous, sur les motivations de cette campagne.
* M. Charles Mikoungui Loundou, qu’est-ce qui vous a motivé à lancer cette campagne de sensibilisation en direction de la population?
** Cette campagne de sensibilisation est motivée par le fait que nous recevons, presque chaque jour, des plaintes de la part de nos citoyens qui se disent être victimes des erreurs médicales. Ce, par rapport aux objectifs de notre association. La goutte d’eau, qui a fait débordée le vase, nous est venue de la part d’une famille qui a été victime de ce que nous estimons être une erreur médicale très grave. Entendu que cette année a été déclarée année de la santé, il y a beaucoup d’efforts qui ont été consentis par le gouvernement, à savoir: la gratuité de la césarienne, le traitement du paludisme, pour les femmes enceintes et les enfants de zéro à cinq ans, la prise en charge des personnes vivant avec le V.i.h-sida, la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées, etc. Nous avons pensé porter ce débat devant la population, pour dire que si, aujourd’hui, beaucoup de cas d’erreurs médicales sont observés, dans les établissements hospitaliers, les citoyens, dans leur majeur partie, ne savent pas les voies de recours qu’il faut utiliser en cas de contentieux.
Tenez! Certaines erreurs médicales, aujourd’hui, ne sont détectées ni reconnues, mais pourtant sont à l’origine de beaucoup de préjudices. À titre d’illustration, les erreurs médicales qui conduisent à des césariennes, desquelles certaines mamans décèdent et d’autres perdent leurs bébés et, qui restent une cicatrice indélébile. Leur moral étant affecté tout le reste de leur vie. Il y a, aussi, des erreurs médicales indirectes qui sont liées au fonctionnement des établissements hospitaliers. Vous avez entendu parler des infections nosocomiales…Si certaines règles d’asepsies, d’antisepsies ne sont pas respectées dans les services, un malade qui rentre à l’hôpital peut en sortir avec une autre maladie. Nous pensons qu’il faut porter ce débat devant tout le monde, pour éviter ce genre de préjudice, mais, surtout aussi, pour faire prendre conscience au personnel de santé puisqu’il y a une impunité en la matière.

* Mais, que faire lorsque l’on se retrouve dans les cas de figure que vous venez de citer, mieux quelles sont les voies de recours?
** Nous nous sommes rapprochés des agents de la justice. Et là, nous nous sommes rendu compte qu’il y a quelques manquements dans ce domaine. Aujourd’hui, il est difficile de trouver un texte permettant au citoyen de réclamer justice. Voilà pourquoi, les hommes de la loi vont, aussi, participer à cette campagne. Ensemble, nous allons trouver les textes règlementaires qui existent, et ceux qui sont adaptés à ce genre de situation, pour permettre au citoyen de se faire conseiller.
* Et, comment entendez-vous mener cette campagne de sensibilisation?
** Nous avons mis en place un numéro de téléphone et un mail. Nous sommes en train de distribuer des prospectus dans toute la ville. Nous passons par le canal de la presse audio-visuel et écrite comme je le fais, maintenant, avec votre journal le plus prisé de la place, pour que nous puissions collecter les différents cas de ceux qui pensent qu’ils ont été victimes des erreurs médicales. Au finish, nous allons organiser des journées de réflexion où tous les acteurs de la société seront conviés. Au sortir de là, nous mettrons à la disposition de la société civile et à nos autorités le document où seront consignées toutes les conclusions.
* Auriez-vous un conseil à donner aux professionnels de la santé?
** Sous d’autres cieux, la justice est rigoureuse en ce qui concerne la réparation des préjudices causés par les erreurs médicales. Cela pousse le personnel soignant à être regardant, à ne pas être négligeant. Le conseil que je peux donner au personnel soignant, c’est que, sous peu, la justice mettra à la disposition des citoyens les armes nécessaires, pour leur permettre de nous porter plainte. Pour ne pas en arriver là, il est de bon aloi que le personnel soignant accompagne les efforts consentis par le gouvernement, en faisant montre d’une prise de conscience, du respect de la vocation qui est, pour nous qui travaillant, dans les hôpitaux un sacerdoce.

Propos recueillis par
Equateur Denis NGUIMBI

N.d.l.r: Notons que Charles Mikoungui Loundou est, aussi, un auteur compositeur, dont les œuvres sont centrées, essentiellement, sur la lutte contre le V.i.h-sida. Contacts de l’O.n.g: 04 425 03 22 espacesolidaritésanté @ gwail.com